La chimère du budget fédéral équilibré (deuxième partie)
Si vous n'avez pas lu la première partie vous pouvez la lire ici (il faut cliquer sur "ici"). Je vous recommande fortement de commencer par la première partie sinon vous ne pourrez pas comprendre pleinement le raisonnement.
Graphiquement a donne ceci: L'année 2000 est intéressante car elle montre comment la balance financière du secteur privé tombe légèrement négative, alors que le budget du gouvernement se rapproche de l'équilibre, mais que la balance financière extérieure est positive. Par contre, si on vérifie les données, on constate que l'Allemagne avait bien un très petit surplus commercial en 2000 malgré sa balance financière extérieure positive. C'est ce surplus commercial qui limite les dégâts pour le secteur privé, mais ce très petit surplus commercial fait que c'est un des points sur le graphique où malgré un petit déficit du secteur public, le secteur privé passe légèrement dans le négatif. À partir de 2002, le graphique est plus comme celui du Canada et l'Allemagne a toujours une balance commerciale en surplus (assez importante à partir de 2002). Pour la période de 2014 à 2019, entre autres, on voit que la balance du secteur privé et la balance du secteur public sont positives. Si on vérifie, on confirme que l'Allemagne, pendant toute cette période, avait une balance commerciale positive (surplus) importante. En fait, la plupart du temps l'Allemagne a un surplus au niveau de sa balance commerciale. De 1995 à 2023 graphiquement ça donne:
Malgré toutes ces petites complications, on voit très bien l'effet miroir entre la balance du secteur public et privé sur le premier graphique. L'invariant (équation) de la balance sectorielle s'applique également à l'Allemagne malgré ses particularités.
Le deuxième graphique est celui de l'Espagne: Dans le cas de l'Espagne, on se retrouve un peu comme dans le cas du Canada. Un déficit de la balance financière étrangère correspond la plupart du temps à un surplus de la balance commerciale et vice versa On peut vérifier et on va voir que de 1999 à 2010, l'Espagne présentait toujours un déficit commercial, mais que de 2013 à 2019 elle avait un surplus, ce qui est cohérent avec les valeurs de la balance financière étrangère. De 1995 à 2023 graphiquement ça donne: Si vous comparez avec la ligne rouge dans le graphique précédent, vous pouvez voir que l'effet miroir entre la balance commerciale et la balance financière étrangère est vraiment bon.
Donc, pour l'Espagne, on voit encore très bien que quand le secteur public est en surplus, le secteur privé est dans le trou Dans tous ces graphiques, il y a bien quelques points où la relation entre les trois composantes et l'effet "miroir" entre le public et le privé n'est pas aussi évidente. Cependant, si vous allez voir les chiffres exacts, vous allez toujours constater que l'équation (l'invariant) de la balance sectorielle est respectée. L'équation de la balance sectorielle est une équation comptable et l'espace des possibilités qu'elle définit est impossible à changer (on ne peut pas tricher).
Une remarque importante : le fait que la relation entre la balance commerciale et la balance financière étrangère peut être différente pour différents pays et changer dans le temps ne change rien à l'invariance de l'équation de la balance sectorielle.
Le solde des opérations courantes (X - M + FNI) doit être positif ou bien l'épargne net du secteur privé (S - I) doit être négative. En théorie, il y a bien une possibilité pour que certains investissements du privé (I) ou du public (G) provoquent un effet assez stimulant sur l'économie pour qu'à la fois le solde du privé et celui du public reste positif, mais on ne voit pas ça souvent dans les données historiques (voir les graphiques plus haut). Dans ce dernier cas, de toute façon, il y aurait un surplus de la balance commercial (X - M) et/ou le FNI serait positif (un des cas déja présenté - on ne s'en sort pas). Comme je l'ai déjà expliqué, un surplus de la balance commerciale n'est pas une option viable à long terme car c'est impossible pour tous les pays d'avoir un surplus. Un FNI positif n'est pas non plus un élément sur lequel on peut vraiment compter car on parle d'un élément du secteur financier et il y a trop de facteurs psychologiques et irrationnels à l'oeuvre et on n'a pas beaucoup de contrôle là-dessus. Le verdict de la chimère reste valide.
Les graphiques pour la balance sectorielle de l'Allemagne et de l'Espagne viennent du livre de macro en ligne déja mentionné dans la première partie.
Les données pour la balance commerciale de l'Allemagne et de l'Espagne viennent de Macrotrends. Dans la troisième partie de cette série, je vais essayer de parler de solutions et présenter certaines réflexions sur la corrélation versus causation et autres questionnements amusants.
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Plus d'exemples visuel de la balance sectoriel en action
Les graphiques suivants sont plus comme le deuxième graphique de la première partie (publication précédente) dans le sens que plutôt que de présenter la balance commerciale (X - M) comme troisième composante avec la balance du secteur public (T - G) et celle du secteur privé (S - I), ils présentent la balance financière étrangère ("foreign financial balance" - foreign sector sur ce graphique) qui se trouve être, dans le cas de certains pays (le Canada dans le deuxième graphique de la première partie), l'image miroir de la balance commerciale. Mais l'Allemagne est un peu un cas particulier sur ce point. L'Allemagne est très attractive pour les investisseurs et pour cette raison (et certaines autres), elle peut avoir un surplus de la balance commerciale, un surplus de la balance financière et une balance du secteur privé positive. Donc, il n'y a pas toujours pour l'Allemagne le deuxième effet miroir entre la balance commerciale et la balance financière étrangère.Graphiquement a donne ceci: L'année 2000 est intéressante car elle montre comment la balance financière du secteur privé tombe légèrement négative, alors que le budget du gouvernement se rapproche de l'équilibre, mais que la balance financière extérieure est positive. Par contre, si on vérifie les données, on constate que l'Allemagne avait bien un très petit surplus commercial en 2000 malgré sa balance financière extérieure positive. C'est ce surplus commercial qui limite les dégâts pour le secteur privé, mais ce très petit surplus commercial fait que c'est un des points sur le graphique où malgré un petit déficit du secteur public, le secteur privé passe légèrement dans le négatif. À partir de 2002, le graphique est plus comme celui du Canada et l'Allemagne a toujours une balance commerciale en surplus (assez importante à partir de 2002). Pour la période de 2014 à 2019, entre autres, on voit que la balance du secteur privé et la balance du secteur public sont positives. Si on vérifie, on confirme que l'Allemagne, pendant toute cette période, avait une balance commerciale positive (surplus) importante. En fait, la plupart du temps l'Allemagne a un surplus au niveau de sa balance commerciale. De 1995 à 2023 graphiquement ça donne:
Malgré toutes ces petites complications, on voit très bien l'effet miroir entre la balance du secteur public et privé sur le premier graphique. L'invariant (équation) de la balance sectorielle s'applique également à l'Allemagne malgré ses particularités.
Le deuxième graphique est celui de l'Espagne: Dans le cas de l'Espagne, on se retrouve un peu comme dans le cas du Canada. Un déficit de la balance financière étrangère correspond la plupart du temps à un surplus de la balance commerciale et vice versa On peut vérifier et on va voir que de 1999 à 2010, l'Espagne présentait toujours un déficit commercial, mais que de 2013 à 2019 elle avait un surplus, ce qui est cohérent avec les valeurs de la balance financière étrangère. De 1995 à 2023 graphiquement ça donne: Si vous comparez avec la ligne rouge dans le graphique précédent, vous pouvez voir que l'effet miroir entre la balance commerciale et la balance financière étrangère est vraiment bon.
Donc, pour l'Espagne, on voit encore très bien que quand le secteur public est en surplus, le secteur privé est dans le trou Dans tous ces graphiques, il y a bien quelques points où la relation entre les trois composantes et l'effet "miroir" entre le public et le privé n'est pas aussi évidente. Cependant, si vous allez voir les chiffres exacts, vous allez toujours constater que l'équation (l'invariant) de la balance sectorielle est respectée. L'équation de la balance sectorielle est une équation comptable et l'espace des possibilités qu'elle définit est impossible à changer (on ne peut pas tricher).
Une remarque importante : le fait que la relation entre la balance commerciale et la balance financière étrangère peut être différente pour différents pays et changer dans le temps ne change rien à l'invariance de l'équation de la balance sectorielle.
Conclusion
Encore une fois, les graphiques publiés ici confirment encore que l'idée que le gouvernement fédéral peut la plupart du temps balancer son budget est bel et bien une chimère. En fait, comme mentionné dans la première partie, c'est le contraire, le gouvernement peut équilibrer son budget seulement sous certaines conditions particulières.Le solde des opérations courantes (X - M + FNI) doit être positif ou bien l'épargne net du secteur privé (S - I) doit être négative. En théorie, il y a bien une possibilité pour que certains investissements du privé (I) ou du public (G) provoquent un effet assez stimulant sur l'économie pour qu'à la fois le solde du privé et celui du public reste positif, mais on ne voit pas ça souvent dans les données historiques (voir les graphiques plus haut). Dans ce dernier cas, de toute façon, il y aurait un surplus de la balance commercial (X - M) et/ou le FNI serait positif (un des cas déja présenté - on ne s'en sort pas). Comme je l'ai déjà expliqué, un surplus de la balance commerciale n'est pas une option viable à long terme car c'est impossible pour tous les pays d'avoir un surplus. Un FNI positif n'est pas non plus un élément sur lequel on peut vraiment compter car on parle d'un élément du secteur financier et il y a trop de facteurs psychologiques et irrationnels à l'oeuvre et on n'a pas beaucoup de contrôle là-dessus. Le verdict de la chimère reste valide.
Les graphiques pour la balance sectorielle de l'Allemagne et de l'Espagne viennent du livre de macro en ligne déja mentionné dans la première partie.
Les données pour la balance commerciale de l'Allemagne et de l'Espagne viennent de Macrotrends. Dans la troisième partie de cette série, je vais essayer de parler de solutions et présenter certaines réflexions sur la corrélation versus causation et autres questionnements amusants.
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