La crise du logement, l'économie, les journalistes...
Les Finlandais n’ont rien inventé. Voir les maires venir parler des initiatives finlandaises en matière d’itinérance comme tenant presque du génie nous rappelle à quel point la majorités des gouvernements dans le monde (et une bonne partie de la population) sont maintenant sous l’emprise de la vision néoclassique de l’économie, et même souvent carrément du consensus de Washington inspiré par l'École de Chicago.
Pour quelqu’un qui n’a pas l’esprit empêtré par ce carcan idéologique, les initiatives finlandaises semblent très naturelles. Mais non, le secteur privé ne réglera pas tous les problèmes dans nos sociétés au contraire les mécanismes du marché mènent souvent à de mauvaises allocations des ressources quand ce n’est pas carrément à la catastrophe comme lors de la crise financière de 2007-2008. En effet, le plus grand gaspillage de ressources de l’histoire récente de l’humanité en temps de paix fut bien l’œuvre du secteur privé déréglementé et ce sont les simples citoyens comme vous et moi qui avons payé la facture. Imaginer vous ce qu’on aurait pu faire avec ces milliards de dollars. Pourtant, le rôle important des gouvernements pour éviter le pire lors de la crise et l’impotence de la politique monétaire des banques centrales n’ont pas suffi à ramener l’économie mixte des 30 glorieuses comme modèle pour nos dirigeants. Comme si les résultats pourtant très mitigés des politiques de Reagan et de Thatcher suivies de la chute de l’URSS nous avaient collectivement lobotomisés et rendus incapables de voir les possibilités d’une approche plus équilibrée.
Malgré cela, le gouvernement finlandais lui, a quand même accepté le fait que quand les mécanismes du marché ne fonctionnent pas, le gouvernement doit intervenir. Oui, les gouvernements doivent réglementer et souvent investir même si parfois ça implique de marcher dans les plates-bandes du secteur privé. Il ne faut pas être ultra lucide pour voir les problèmes dans le secteur immobilier au Québec comme partout dans le monde. Les gens ont de la misère à trouver des logements et, pendant ce temps-là, les entrepreneurs démolissent de petits pleins pieds pour construire des condos ou des duplex luxueux que peu de familles à revenus modestes peuvent se payer, et encore moins des étudiants. Au moins, les pleins pieds auraient pu convenir à de petites familles s'ils n’avaient pas été démolis. On pourrait louanger le fait que ces nouvelles constructions densifient et pourraient favoriser le transport en commun, mais en réalité très peu des gens qui habitent ce genre d’endroits sont des utilisateurs de transport en commun.
Mais je ne me fais pas d’illusion avec le gouvernement de la CAQ. Le premier ministre et plusieurs de ses ministres sont des gens qui ont eu du succès dans le secteur privé et dans leur cas l’atteinte au cerveau causée par l’idéologie néolibérale est probablement irrémédiable. D’ailleurs, il est très paradoxal pour moi de voir notre gouvernement provincial vouloir donner plus de place au privé dans le secteur de l’électricité au moment où je lis “The big Myth” un livre qui documente (entre autres) en détail les échecs du secteur privé aux États-Unis dans ce domaine et les magouilles monumentales auquel les représentants de cette industrie se sont livrés pour corrompre le gouvernement et propager la désinformation jusque dans les universités. Les solutions vont devoir venir d'autres paliers de gouvernement et l’appui des citoyens va être important. En conséquence, le rôle des médias va également être crucial pour bien informer la population. Cependant, il suffit d’écouter le discours dans les médias sur le problème de l’inflation pour voir que ceux-ci sont très mal équipés pour informer la population. Les journalistes dans les médias sont obligés de faire appel à des experts, mais malheureusement l’économie n’est pas une science comme les autres et il n’existe pas vraiment en économie un consensus aussi solide que celui dans des sciences comme la physique et même en physique les chercheurs peuvent s’égarer (voir Lee Smolin : The trouble with Physics ou Sabine Hossenfelder : Lost in math), alors imaginez-vous en économie. L’économie est tellement étroitement liée à la politique et influencée par les idées politiques qu’il est souvent difficile d’avoir des commentaires nuancés sur certains sujets. Particulièrement quand il s’agit de macroéconomie. Un économiste du calibre de Joseph Stiglitz a fait de superbes analyses sur les sources de l’inflation et sur le ridicule de trop grosses augmentations de taux d’intérêt. Ses analyses n’ont eu pratiquement aucun écho dans les médias francophones. Les journalistes vont devoir faire un effort et sortir du carcan néoclassique et nous présenter des points de vues alternatifs issus des écoles hétérodoxes ou au moins d’orthodoxes dissidents comme Joseph Stiglitz. Il y a d’autres points de vue qu’ils seraient légitimes de présenter au public. Évidemment, cela demande du travail. Il faut lire les critiques de l’économie néoclassique. Il faut également confronter les idéologues avec la réalité et poser les bonnes questions:
Pour des éléments de critique de l'économie néoclassique en langue française vous pouvez commmencer par le petit livre de Marc Lavoie, Virginie Monvoisin et Jean-François Ponsot dans la collection La Découverte: L'économie post-Keynésienne
Pour ceux qui lise en anglais le site de Bill Mitchel un des promoteurs de la MMT est très bon. D'ailleur son livre de Macroéconomie de premier cyle écrit avec deux collaborateurs est très bon.
Pour une critique exhaustive de l'économie néoclassique il faut lire Steve Keen L'imposture économique
Malgré cela, le gouvernement finlandais lui, a quand même accepté le fait que quand les mécanismes du marché ne fonctionnent pas, le gouvernement doit intervenir. Oui, les gouvernements doivent réglementer et souvent investir même si parfois ça implique de marcher dans les plates-bandes du secteur privé. Il ne faut pas être ultra lucide pour voir les problèmes dans le secteur immobilier au Québec comme partout dans le monde. Les gens ont de la misère à trouver des logements et, pendant ce temps-là, les entrepreneurs démolissent de petits pleins pieds pour construire des condos ou des duplex luxueux que peu de familles à revenus modestes peuvent se payer, et encore moins des étudiants. Au moins, les pleins pieds auraient pu convenir à de petites familles s'ils n’avaient pas été démolis. On pourrait louanger le fait que ces nouvelles constructions densifient et pourraient favoriser le transport en commun, mais en réalité très peu des gens qui habitent ce genre d’endroits sont des utilisateurs de transport en commun.
Mais je ne me fais pas d’illusion avec le gouvernement de la CAQ. Le premier ministre et plusieurs de ses ministres sont des gens qui ont eu du succès dans le secteur privé et dans leur cas l’atteinte au cerveau causée par l’idéologie néolibérale est probablement irrémédiable. D’ailleurs, il est très paradoxal pour moi de voir notre gouvernement provincial vouloir donner plus de place au privé dans le secteur de l’électricité au moment où je lis “The big Myth” un livre qui documente (entre autres) en détail les échecs du secteur privé aux États-Unis dans ce domaine et les magouilles monumentales auquel les représentants de cette industrie se sont livrés pour corrompre le gouvernement et propager la désinformation jusque dans les universités. Les solutions vont devoir venir d'autres paliers de gouvernement et l’appui des citoyens va être important. En conséquence, le rôle des médias va également être crucial pour bien informer la population. Cependant, il suffit d’écouter le discours dans les médias sur le problème de l’inflation pour voir que ceux-ci sont très mal équipés pour informer la population. Les journalistes dans les médias sont obligés de faire appel à des experts, mais malheureusement l’économie n’est pas une science comme les autres et il n’existe pas vraiment en économie un consensus aussi solide que celui dans des sciences comme la physique et même en physique les chercheurs peuvent s’égarer (voir Lee Smolin : The trouble with Physics ou Sabine Hossenfelder : Lost in math), alors imaginez-vous en économie. L’économie est tellement étroitement liée à la politique et influencée par les idées politiques qu’il est souvent difficile d’avoir des commentaires nuancés sur certains sujets. Particulièrement quand il s’agit de macroéconomie. Un économiste du calibre de Joseph Stiglitz a fait de superbes analyses sur les sources de l’inflation et sur le ridicule de trop grosses augmentations de taux d’intérêt. Ses analyses n’ont eu pratiquement aucun écho dans les médias francophones. Les journalistes vont devoir faire un effort et sortir du carcan néoclassique et nous présenter des points de vues alternatifs issus des écoles hétérodoxes ou au moins d’orthodoxes dissidents comme Joseph Stiglitz. Il y a d’autres points de vue qu’ils seraient légitimes de présenter au public. Évidemment, cela demande du travail. Il faut lire les critiques de l’économie néoclassique. Il faut également confronter les idéologues avec la réalité et poser les bonnes questions:
- Comment la hausse d’intérêt de la Banque Centrale peut-elle lutter contre les décisions de l’OPEP de limiter sa production de pétrole ?
- Comment aurait elle put combattre la hausse du prix des fruits et légumes causée par les inondations en Californie ?
- Qu'en est-il de la guerre en Ukraine et de la hausse du prix du blé ?
- De la hausse des marges de profits dans de nombreuses industries ?
Pour des éléments de critique de l'économie néoclassique en langue française vous pouvez commmencer par le petit livre de Marc Lavoie, Virginie Monvoisin et Jean-François Ponsot dans la collection La Découverte: L'économie post-Keynésienne
Pour ceux qui lise en anglais le site de Bill Mitchel un des promoteurs de la MMT est très bon. D'ailleur son livre de Macroéconomie de premier cyle écrit avec deux collaborateurs est très bon.
Pour une critique exhaustive de l'économie néoclassique il faut lire Steve Keen L'imposture économique
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